Mon lien si particulier avec le cheval

Il était une fois,
Face au doux crépuscule,
L’âme du cheval.

Mon histoire avec le cheval a commencé quand…  Non, en fait elle existe depuis toujours.
Ma maman possédait un cheval quand je suis né. Il s’appelait Cacalaou et c’était un petit camargue. Curieuse, je l’observais faire avec lui, et parfois j’allais m’aventurer dans son pré, pour aller le caresser et le regarder. Puis, très vite j’ai voulu faire du poney, alors ma mère m’a inscrite dans un club à côté de chez moi. A 4 ans me voilà déjà à l’équitation ! Mais aller chercher un poney, et le faire tourner dans une carrière, en lui donnant des coups de cravache et en lui tirant dans la bouche pendant 1h, m’attristé beaucoup… Alors maman m’a proposé d’essayer la voltige cosaque. J’avais la chance d’avoir, dans ce club, la possibilité de faire cette activité qui ne demandée ni de donner des coups de cravaches, ni de tirer dans sa bouche sans arrêt. J’avais 8 ans quand j’ai réalisé mon premier cours de voltige, sur un poney, Chocolat.
A 12 ans, je suis passée sur les chevaux, et, très vite, j’ai commencé à faire des spectacles avec Les voltigeurs de Provence. J’ai eu la chance d’effectuer des spectacles de voltige dans plusieurs lieux du Sud de la France (Saintes Maries de La Mer, Palavas les flots, Céret, Ribiers, Embrun, Lyon…) et même à Réus en Espagne !

La croix sur Kokin, Arènes des Saintes Maries de la Mer

Toutes ces expériences m’ont nourri d’enrichissement et furent des moments de vie unique et absolument inoubliable. J’ai grandi et beaucoup appris avec ces chevaux. Je leur doit tout.
Et puis, mes derniers instants en piste furent à Cheval Passion, en janvier 2016. Depuis ce jour, par manque de temps et étant actuellement à Lyon, je n’ai pu reprendre la voltige. Depuis, c’est une réel et douloureuse pause avec eux.

Mon lien avec le Cheval.

Depuis toujours, ma mère m’a enseigné une méthode particulière afin d’appréhender au mieux la relation avec le cheval. Ayant eu une formation en éthologie avec Pat Parelli et Andy Booth, elle connait particulièrement bien cette manière de faire : L’éthologie. L’éthologie est la science des comportements des espèces animales dans leur milieu naturel. Après de nombreuses études, cette méthode d’éthologie équine, nait au Etats Unis, a traversé le monde afin d’étendre ses savoirs. L’idée est d’essayer d’établir une manière de communication avec eux de manière douce et naturelle en ne faisant que l’inviter faire tel ou tel exercice ou jeu. L’éthologie nous aide à développer une relation avec notre cheval, grâce à des petits jeux et exercices, afin de nouer une relation basée sur la confiance et le respect entre vous et lui. Sans jamais le forcer, le brusquer, ou l’obliger à effectuer un quelconque exercice, il s’agit d’avoir beaucoup de patience et de temps, pour créer un lien particulièrement fort. Et c’est autour de cette approche que j’ai grandi et appris avec eux.

Ma fascination pour cet animal repose sur son être tout entier. C’est un animal fort, puissant mais tellement doux et calme à la fois, avec une sérénité frappante. Le cheval est un animal hypersensible, c’est-à-dire qu’il ressent tout. Si nous voulons un jour le monter mais qu’une grosse peur nous envahit, ou que nous sommes stressé, il va absolument tout ressentir. A votre intonation de voix, ou la pression avec laquelle vous toucherez son corps, il sentira tout. Le cheval et d’ailleurs pour cette raison utilisé en équithérapie afin d’aider certains patients malades.

En 2016, j’ai réalisé un travail de Fin de Cycle pour la fin de ma scolarité à l’Ecole Steiner. J’ai effectué une longue recherche sur le cheval, et sur silence. J’ai constaté que c’était un animal très silencieux, qui n’exprimait sonorement pas la souffrance, par exemple, mais il ressent tout et n’émet que très peu et rarement de son. Ainsi il intériorise énormément et se souvient de tout grâce à sa mémoire incroyable. J’ai beaucoup lu et appris sur cet animal pendant ces recherches, et beaucoup de choses m’ont très fortement touché, surprise… Notamment face à la manière dont les chevaux sont aujourd’hui utilisés et traités, mais ce n’est ici pas le sujet.
Voir et sentir un cheval est un besoin que je ressens au plus profond de moi. En effet, depuis des années je n’en côtoie quasiment plus, mais lorsque je vois un pré, je vais directement voir si il y a un cheval, l’appeler, le caresser. Dès que j’ai l’occasion de pouvoir en approcher un, je le fait, et c’est pour moi ma thérapie, si pour certain c’est la musique ou l’art, pour moi c’est me retrouver proche des chevaux (et écrire… ! sur eux !). Ils m’apaisent tellement. J’ai pour eux un respect immense, et c’est pour cela qu’il m’est difficile parfois d’entendre certains propos ou de voir certaines personnes agir avec eux d’une manière pas toujours très douce. Ce sont, comme tous les animaux, des êtres vivants. Ils sont fascinants et a bien des égards… Ils ont dans le regard un quelque chose de tellement puissant.

“ Je vois parfois dans le regard d’un cheval la beauté inhumaine d’un monde d’avant le passage des hommes 

Bartabas

Cette espèce de douceur, de douleur, et d’espoir dans leur regard est frappant.
Le cheval a d’abord été un allié de choix pendant les guerres et les colonisations, puis un partenaire de travail pour l’agriculture ou la construction. Enfin utilisé comme moyen de transport, ce solide compagnon de l’homme l’a toujours servi, sans jamais faillir, sans jamais renoncer, en lui donnant toute sa force et toute sa puissance, afin de l’aider.
Aujourd’hui utilisé comme un loisir, le cheval mérite, à mes yeux, une tranquillité méritée depuis de longues décennies déjà. Je voulais rappeler, par ce petit retour en arrière, la générosité et la présence infaillible du cheval dans l’Histoire. Nous l’avons atteler, harnacher, équiper afin de nous transporter. Nous l’avons emmener faire la guerre, nous l’avons forcer à se battre avec les hommes. Aujourd’hui nous continuons cela, en le faisant sauter des obstacles bien plus hauts que lui ou en le faisant trotter, galoper jusqu’à épuisement complet. Et je ne parle même pas des concours de dressage, ou de saut d’obstacle où quand il refuse de sauter un obstacle, on lui donne des coups de cravache et d’éperons, en le forçant par la douleur a sauter. J’observe au travers tout cela un animal qui donnera, jusqu’à son dernier souffle, tout ce qu’il a pour donner satisfaction a l’Homme. Un homme qui se sent invincible, qui se sent fort, beau, grand, lorsqu’il se tient sur son dos.

J’aimerais vivre une histoire avec eux, une histoire de douceur, une histoire de complicité, d’aventures, d’expériences. Leur faire découvrir la forêt, la mer, les plaines, les champs. Jouer avec eux avec des foulards, des barres au sol, un ballon, un sifflet, une bache. Vivre des choses et partager, à leurs côtés ou sur leurs dos, des moments de magies, de pur bonheur. Ils me fascinent et me font vibrer, par leur simple prestance, d’un simple regard plongé dans le mien, ils inspirent tant de respect. C’est lui le maître, c’est lui que l’on doit respecter et satisfaire au mieux. Nous devons simplement le remercier, et l’aimer, comme un être réellement admirable.

Voilà en quelque ligne la relation que j’entretient avec eux, et la vision que j’en ai. Alors non, je n’ai (encore) jamais eu la chance d’en avoir un, mais bien évidemment, je n’attends que ça pour mettre en pratique avec MON cheval tous ce que j’ai appris par ma mère, et surtout par eux-mêmes.

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