L’école Steiner Waldorf, une école de la vie

Ayant effectué toute ma scolarité dans une école Steiner, il me semblait évident de faire un article à ce sujet. Mais, me diriez-vous, qu-est-ce dont une école Steiner ? Et bien je vous répondrai très simplement que l’école Steiner est une école de la Vie (et oui, rien que ça !)

Un brin d’histoire..
La pédagogie Steiner Waldorf est née dans les années 1920 (et oui, 100 ans d’existence !), persuadée, en ses valeurs le plus profondes, que l’amour, la confiance et la créativité donneront à chacun de ses élèves les forces requises pour se construire dans ce monde. Cette pédagogie encourage ainsi les découverte, les histoires, les jeux, les travaux manuelles et les voyages. Accueillir l’enfant à l’école, cela signifie le reconnaître dans sa personne individuelle, établir avec lui une relation de confiance et de responsabilité dans la continuité.  En effet, chaque enfant est unique, et la relation avec lui l’est naturellement également. L’objectif est d’ainsi lui transmettre les clés qui lui permettront par la suite de choisir sa voie avec la plus grande liberté possible. En d’autres termes, cette école c’est écouter l’enfant pour lui donner les outils nécessaires à la construction à la fois d’un projet de vie, et aussi et surtout en tant qu’être unique.

Je ne veux en aucun cas, dans cet article, vous convaincre que cette école est la meilleure qui soit car ce n’est pas le cas. Pour moi l’école parfaite n’existe pas (encore). Je veux simplement vous faire part ici de mon expérience au sein de cette singulière école (et à bien des égards !), de ce que j’y est appris, de ce que j’y ai vécu, et d’observer comment elle à construit la personne que je suis aujourd’hui, à 22 ans, d’un point de vue personelle.
Le but n’est pas non plus d’expliquer en détails en quoi consiste cette pédagogie alternative (cela demanderait beaucoup plus de contenue et je crois que cet article est déjà bien assez long comme ça !).

Des rencontres bouleversantes, enrichissantes, précieuses.

  • Les professeurs

Il me paraissait important de commencer à vous parler de cette école en y évoquent la relation professeurs/ élèves. Ces relations sont, en effet, assez particulières car au-delà d’être de simples enseignants, ils nous apprennent beaucoup plus que le français, la géométrie ou les mathématiques. Je m’explique !

Tout d’abord il faut savoir que de la première classe (CP) à la 6 ème classe le rôle de notre professeur dit « principal » est celui de nous enseigner toutes les matières. Ainsi pendant 6 ans nous avons le même professeur, sauf pour les langues, la musique et les travaux manuelle. Les professeurs prennent en effet, comme je le disais au début, une grande vigilance à connaitre chaque élève afin de lui enseigner les matières en fonction de leur sensibilité propre à apprendre et la manière dont chacun va assimilé les enseignements. Dernier point important, durant toute notre scolarité, nous n’avons absolument aucun livres pour apprendre. Les cours s’articulent autour d’histoires, d’écriture, de dessins, d’échanges, qui ne font que renforcer le lien avec notre professeur.

Mais avant d’être nos professeurs ce sont des êtres humains. Et en grandissant, nous nouons des relations de confiance, voir même parfois d’amitié très fortes une fois notre scolarité terminée avec certains professeurs.
Par ailleurs, certains projets nous demande un travail très personnel, notamment le Travail de Fin de Cycle (que je décrirais plus bas) au travers duquel j’ai pu avoir plusieurs échanges très personnels et profond avec certains professeurs qui encadrés ce projet. Les professeurs qui ont rencontré ma classe et croisé mon chemin d’apprentissage m’ont tellement appris.

Je pense que ces relations ont créé un réel désir et une grande motivation d’aller à l’école et retrouver chaque jour ces professeurs pour les écouter. Je pense sincèrement que la base de tout apprentissage passe par la motivation personnelle que nous avons. Par exemple lorsque l’on veut apprendre quelque chose de très spécifique, on peut aller voir sur internet des tutoriels, et le « professeur » apportera satisfaction car c’est une envie personnelle. Mais quand il s’agit d’apprendre par cœur des tables de multiplications, d’effectuer d’innombrables calculs, d’apprendre des dizaines de figures de style ou encore de plonger dans l’histoire du proche et Moyen-Orient on peut se demander « à quoi bon ? » et se dire « mais pourquoi faire ? ». Mais si nos professeurs sont drôles, à l’écoute, agréables et passionnés (oui, tellement passionnés !) alors tout cela devient beaucoup plus digeste et nous prenons plaisir à écouter et apprendre chaque matière. On met du sens dans chacune d’elle. Par exemple, lorsque l’on comprends que les mathématiques nous apprennent d’abord à réfléchir, à penser déferrement, on trouve une nouvelle dynamique à plonger dedans. Tout d’un coup on comprend que le but n’est pas forcément de savoir utiliser un compas, mais bien d’apprendre à réfléchir, à s’interroger sur des mécaniques particulières que seuls les mathématiques permettent. Cette pédagogie laisse également la place à l’apprentissage de matières particulières comme l’astronomie, la communication, la géométrie projective… D’autant plus, et je terminerai par cela, que nos professeurs prenaient le temps nécessaire de répondre à chacune de nos question, quitte a s’éloigner parfois du cours. Cela a naturellement participé à l’intérêt que nous portions au cours, même si parfois les questions divaguaient ou se transformaient en débat et échanges entre nous, les professeurs participaient en nous apprenant alors à écouter autrui et respecter ses choix, ses avis, et ses prises de positions.

  • Les amis

Dans une école Steiner il n’y a pas plusieurs classes d’un même niveau, mais une seule. Alors chaque année nous côtoyons + ou – les mêmes personnes. Bien évidemment certains élèves partaient à la fin de l’année quand d’autres arrivés. Mais un noyau dur d’élèves demeurait, depuis le début, depuis le jardin d’enfant (maternelle). Ces personnes, avec lesquelles nous vivions parfois depuis l’âge de 3 ans, sont devenus au fil du temps, de véritables amis, même si chaque âge fut vécu différemment et que mes relations amicales ont évolués au fil du temps, bien entendu.

Photo avec ma classe lors de notre voyage en Inde, « sur » le Taj Mahal

On dit que les amis sont la famille que l’ont choisi, et bien la mienne s’est créer dans cette école. Aujourd’hui, nous nous connaissons par cœur et c’est ce qui a créer des amitiés aussi solides entre nous. Encore une fois, pour ma part, je ne retiens finalement que très peu de négatif de cette expérience d’un vivre ensemble aussi fort. Des fous rires quotidien, des histoires à se raconter, des débats entre nous, bref tout ce que l’ont vit avec ses meilleurs amis. Ce point est absolument fondamental et participe grandement à l’expérience en tant qu’élève ainsi qu’à la manière dont j’ai vécu ma scolarité. Aujourd’hui mes amis, les vrais, viennent quasiment tous de cette école, ils sont ceux que l’on peut « compter sur le doigt d’une main » comme on dit ! (Pas tous hein… quand même !) Et même si nous ne nous voyons plus beaucoup pendant l’année (chacun effectuant leurs études un peu partout en France, et même dans le monde) nous essayons de nous retrouver l’été, de nous réunir et rire, comme avant. Car au fond, on se rend bien compte que même si tous évoluent et grandissent, on se retrouve toujours les plus naturelles du monde ensemble, sans jugements. On est juste nous, et c’est, je pense, ce qui rend notre relation unique.

Vivre une dizaine d’années (pour certains), ensemble, n’a pas eu que des côtés très positif, je l’admets. Et c’est d’ailleurs bien normal ! Mais il ne faut pas oublier que la plupart exercé une activité extra-scolaire, ce qui nous permettaient de créer d’autres amitiés bien différentes ailleurs. J’ai pour ma part fait de l’équitation et de la voltige cosaque, où je vous invite d’ailleurs à lire mon article sur Mon lien si particulier avec le cheval.

Cependant, et avec le recul que j’ai aujourd’hui, j’ai remarqué quelque chose d’intéressant. Etant donné que nous échangions principalement toujours avec les mêmes personnes, nous étions relativement toujours d’accord vis-à-vis de certaines valeurs, de certains principes, sur notre parcours de vie futur, sur la société, la nature, l’économie, la politique, etc. En effet, quand j’ai été confronté à des prises de positions différentes, plus tard avec d’autres personnes, je me suis rendu compte que jusqu’ici je n’avais pas développé de solides arguments pour appuyer et affirmer mes idées et mes choix. Je me suis senti quelque peu déstabilisé face à de solides arguments qui venaient comme balayer tout ce que je pensais être des vérités inéluctables. C’est à ce moment que je me suis rendu compte de l’espèce de « bulle » dans laquelle j’avais été toutes ces années. Et je ne parle pas d’une bulle ou « tout est beau, tout est parfait », loin de là, mais une bulle où nous étions tous sur une même philosophie de vie, je dirais.
Enfin, il faut savoir que cette école est vraiment toute toute toute petite comparer aux écoles classiques que j’ai pu voir, et surtout aux nombres d’étudiants. Il n’y a pas photo, notre école est minuscule. Et les classes y sont naturellement moins nombreuses, donc il y a beaucoup moins d’élèves. Cependant, mélangés dans la cour, nous passions beaucoup de temps a discuter avec des élèves de plusieurs classes mélangés, et finalement, nous nous connaissions, de près ou de loin, quasiment tous.

Voilà pour cette première partie qui me semblait fondamentale car elle constitue ce milieu social dans lequel il est primordial, en terme d’éducation et d’enseignement, d’être en confiance, de s’y sentir libre et ne pas avoir peur d’être soi-même, avec ses interrogations et ses idées pleinement assumées. Cette relation de confiance et de respect avec nos professeurs ainsi que l’immense complicité et amitié avec ma classe a constitué un cadre d’apprentissage d’une grande qualité.

Les voyages, ou aller un peu plus à notre propre découverte…

Dans cette deuxième partie je voudrais aborder l’un des aspects de cette école qui est, à mon sens, l’un des plus enrichissants et des plus formateur ; les voyages. Bien au-delà des découvertes, des souvenirs magiques et inoubliables, et d’un temps où entre amis on vis au rythme d’un pays nouveau où tout est a explorer, ces voyagent ont également participé à façonner la personne que je suis. En effet, en nous plongeons dans lieux, parfois chez des inconnus ou bien dans des situations inédites, on se force à se réadapter, à observer, et à agir différemment.

 Je ne pourrais parler ici de tous les voyages que nous avons réalisés (car il y en a eu vraiment beaucoup), mais je vais revenir sur les 2 derniers qui m’ont beaucoup apporté. Il faut savoir avant toute chose que nous voyageons très jeune et très tôt dans cette école. Pour tout un tas de raisons, nous sommes allés dans plusieurs lieux de France comme Paris ou Sète, mais aussi et surtout à l’étranger ; en Allemagne (à Freiburg), en Suisse (à Bern et à Dornach), en Italie (à Florence) et en Inde. Tous ces voyages furent avant tout, comme je le disais, des expériences inoubliables et une aventure avec ma classe, remplis de rires, où l’on retient tant de bons souvenirs. Mais bien avant d’être de simples sorties avec nos amies, ces voyagent servent à illustrer nos cours et à mieux comprendre leur contenue. En 5 ème classe par exemple on participe à des jeux olympiques a Berne. C’est une façon de conclure la période portant sur les anciennes civilisations de l’humanité que nous explorons tout au long de l’année (Inde, Perse, Mésopotamie, Égypte et Grèce).

Revenons donc aux deux voyages que je voulait développer ici. Tout d’abord, mon voyage en Allemagne. Il s’agissait d’un échange linguistique qui avait pour objectif d’approfondir mon allemand, en me confrontant à un pays étranger dans une famille que je ne connaissais pas, habitant à côté de Brême, dans le nord du pays, non loin d’Hambourg. J’ai passé deux mois (septembre et octobre 2014) dans cette famille absolument extraordinaire, composées de 5 filles ! J’ai vécu une expérience profondément enrichissante et j’en garde un souvenir vraiment magique. J’avoue que ce n’est pas vraiment une nouvelle langue que ma apporté ce pays (l’allemand c’est vraiment dur !! haha !), mais bien une expérience humaine très forte. C’était la première fois que je partais aussi loin de chez moi et aussi longtemps. J’ai appris beaucoup de chose sur moi même, j’ai dû apprendre à me faire confiance et à faire preuve de maturité et de responsabilité. J’ai également appris à me débrouiller toute seule, à me faire comprendre, et à être patiente, très patiente, notamment face à l’incompréhension de cette langue. J’ai eu la chance de vivre un très bel échange dans cette famille, pouvoir faire des balades à cheval dans la forêt ou encore effectuer un stage dans l’immense théâtre de Brême avec une amie de l’école.


L’Inde, je pourrais vraiment en parler des heures et des heures. Ce voyage à bouleversé ma vie, complètement. Nous y avons passé 2 semaines et principalement avec des enfants Intouchables dans un petit village. Ce voyage m’a apporté une vision nouvelle de ce monde, une redécouverte de chaque valeur : la joie, l’amour, l’amitié, le travail. Tout fut chamboulé. Vivre avec des enfants qui semblaient tellement, tellement heureux, juste avec un simple ballon. Leur sourire m’a littéralement transcendé, jamais je ne pourrais l’oublier. Les regards de ces enfants, vivant dans le désert, avec rien… Rien d’autre que l’essentiel, peut être. Entouré de l’amour de leurs parents, de leurs frères et sœurs, et la nature, brut. Remplie d’une générosité exceptionnelle ils m’ont réappris à vivre, indéniablement. En Inde j’ai appris à m’écouter, à m’aimer, a m’accepter tel que j’étais. J’ai compris que nous n’avons nullement besoin de reconnaissance, de célébrité ou d’être adulé sur les réseaux pour nous aimer, il suffit de s’écouter, et de reconnaître l’incroyable valeur que nous nous sommes, tous en tant qu’êtres humains. C’est un peuple paradoxalement heureux et triste à la fois. Heureux car ils se réjouissent du peu qu’ils ont, et savent apprécier chaque chose. Malheureux car leurs vies est véritablement misérable. J’ai rencontré des enfants qui apprennent un métier grâce à l’art. Ces mêmes enfants ayant vécues des atrocités étants plus jeunes. Sortir de la prostitution à 15 ans pour découvrir l’art et rêver de devenir danseuse, c’est un exemple qui prouve que rien n’est impossible. D’autre part, en participant à la construction d’une école pour les Intouchables, la première d’Inde, j’ai vu, et compris que tout est possible, encore une fois. Rien ne peut freiner nos rêves. Ce pays m’a montré les plus belles valeurs du monde, tout autant que des paysages et monuments absolument inoubliables tant leurs beautés m’à envouté. Mais également une pollution, une pauvreté et une détresse extrême. Delhi, plongé dans un effroyable cahos.
Je vous laisse le lien ici du vlog que nous avons réaliser pendant ce voyage.

Ces voyages, aussi différent soit ils, ont apporté à ma vie beaucoup de maturité. J’ai découvert un quotidien totalement différent en Allemagne, où j’ai appris à vivre autrement. Puis plongé dans l’inimaginable Inde, inimaginable de beauté, et de pauvreté, j’ai appris et compris beaucoup de choses sur moi, et sur ce monde. Prendre de la hauteur et voyager est pour moi la meilleure façon d’apprendre. On cherche a se réinventer, on cherche l’attitude adéquate, on descend de notre piédestal pour être d’avantage au service d’autrui. Les voyages nous façonnent et nous permettent de prendre vraiment beaucoup de recul sur notre vie et nos pensées. La bas, loin de chez nous, nous avons plus de repères, nous ne sommes plus rien, rien que de simple terriens. Cette immersion loin de notre quotidien nous permet de revenir a l’essentiel, indéniablement, et de faire preuve d’une grande humilité et d’une grande humanité. Nous ne pouvons rester insensibles à ces regards, à ces coutumes, à ces paysages, à ce monde tellement différent. En voyageant j’ai aussi beaucoup appris sur moi même. J’aime courir le monde, j’aime découvrir tout ce qui m’est inconnu, j’aime le mystère, l’histoire, et j’aime me récouvrir, moi, à chaque nouvelle destination. L’inconnu est l’apprentissage le plus vrai et le plus efficace que je connaisse. Que ce soit l’inconnue du lendemain, l’inconnu d’une situation, d’une nouvelle personne rencontré, l’inconnue d’un lendemain incertain, d’une destination nouvelle… Face à l’inconnue nous cessons d’être qui l’on été. Et de véritables changements peuvent opérer, profonds, vrais. C’est pour celà que j’aime autant voyager, enfin entre autre! J’aime replonger au cœur de moi-même, là-bas, si loin de chez moi… Et me redécouvrir, m’écouter et apporter à mon être amour et calme.
L’école Steiner m’a permis, grâce aux voyage, de comprendre tout cela et de l’appréhender depuis tout petite. Le voyage constitue aujourd’hui l’une des activité qui m’anime le plus. Spoiler Alert : ces voyages ne sont pas les derniers…

Représentations scéniques et créations artistiques

Dans cette troisième et dernière partie j’aimerais revenir sur un point encore une fois central dans cette éducation. Il s’agit des représentations scéniques et théâtrales que nous réalisons tout au long de notre scolarité, ainsi que des créations artistiques qui sont, croyez moi, très très nombreuses !

Depuis les plus petites classes, nous sommes habitués à monter sur scène lors fête de trimestre. Ainsi, chaque classe présentait sur scène, une chanson, une pièce de théâtre, un poème un encore des sketches, devant le reste de l’école. De cette façon, nous nous familiarisons avec la scène et avec un public, très jeune. Là où cette expérience est pleinement bénéfique, c’est qu’elle nous habitue à nous confronter à autrui, sur scène, grâce notamment au théâtre, au chant, ou à n’importe qu’elle autre formes scéniques. En effet, le fait de côtoyer la scène et de faire face a beaucoup de stresse, beaucoup de peur, mais toujours porter par sa classe, et voyant tous les autres élèves passées avant et après soi, nous réconfortait et rendait ces expériences agréables, éloignant de nous l’idée d’une peur qui serait associée à quelque chose de négatif.

  • Le Travail de Fin de Cycle

L’apogée de toute ces expériences scéniques a eu lieu le 11 mai 2016. Faisans face à 300 personnes, seule sur scène pendant plus de 20 minutes, pour présenter mon Travail de Fin de Cycle sur la scène du mythique théâtre du chêne noir à Avignon. Cette expérience reste aujourd’hui l’une des plus grandes fiertés dans ma vie. Quand je perds un peu d’estime de moi, je repense par exemple à celle que j’étais ce jour là, sur cette scène.

– Petite aparté sur ce qu’est ce fameux Travail de Fin de Cycle. – Ce TFC donc, constitue un travail de recherche très personnelle en parallèle de l’année scolaire en cours (2nd), où nous sommes accompagné par des tuteurs interne à l’école. Le sujet est absolument libre et l’idée et d’aller approfondir une pratique, une thématique, une passion, un désir, une valeur, qui nous demande « de nous tourner résolument vers le monde en le  « questionnant ».
Ainsi ce TFC résulte de la tension entre l’individu dans ce qu’il a de plus authentique et le thème auquel il choisit de se confronter. 

En avançant avec ce projet pendant plusieurs mois nous nous confrontons à des doutes, parfois à des moments de panique ou encore des remises en question, afin de finalement sortir grandi de cela. Portée par toute sa classe, par l’ensemble des professeurs de l’école, par nos amis et nos parents, c’est une expérience très singulière qui vient clôturer notre scolarité dans cette école.
J’ai pour ma part travaillé sur le sujet des chevaux et sur le silence. D’abord partie sur la notion de musique, de rythme je voulais accompagner cela par les chevaux, et j’ai finalement était comme guidée vers le silence par eux. L’intitulé de ma partie était Silence je t’écoute : les rythmes du cheval m’ont guidé vers le silence.
Pour illustrer voici quelques autres exemples de TFC:

  • Mon corps et moi : Recherche sur le mouvement et l’immobilité à travers la pratique du Kung Fu et de l’Eurythmie
  • L’ombre de mes nuits : Peinture et création d’une Nouvelle
  • De l’espérance à la confiance : Création poétique
  • Perfection de l’instant présent : Travail d’Eurythmie sur la rencontre avec le cheval
  • Le Théâtre

Le théâtre ! Et oui, le théâtre à lui aussi une place de choix dans cette pédagogie. On lui connait beaucoup de bienfaits comme l’amélioration de la confiance et l’estime de soi, le travail sur la notion de groupe et d’autrui, l’expression corporel, le travail de ses émotions, la stimulation de créativité et d’imagination … Et nous avons eu à plusieurs reprises dans notre scolarité l’occasion de nous familiariser avec cette pratique.

En 11ème (classe très riche et intense, vous l’aurez remarqué ! avec dans la même année le voyage en Inde et le TFC) nous passons également 1 mois complet à préparer une pièce de théâtre. Ce genre d’expérience, comme les nombreuses autres que j’ai cité, renforce la notion de groupe et de travail d’équipe ainsi que les valeurs de partage, de compassion et la notion d’altruisme en nous efforçant à penser projet avant de penser intérêt personel. Aller tous dans la même direction afin de créer le meilleur spectacle possible consolide nos liens et nous permet de nous découvrir encore différemment.
Nous avons même pu aller présenter notre pièce à Paris, en échange avec l’école Steiner de Verrière, ce qui à clôturé notre année de façon vraiment magnifique !

  • Les projets artistiques

Je ne peux finir cet article sans évoquer la présence du travail manuel. Cette école nous permet de travailler le bois, la laine, la pierre, de dessiner, de peindre, de construire, de créer. Nous passons de nombreuses heures par semaine à la confection d’œuvres comme des objets en bois, en laine, en tissu, en terre, en pierre, en rotin… Nous apprenons ainsi à créer avec nos mains et réalisons des objets qui une fois terminé nous procure une grande sensation de fierté. Surtout quand nous sommes petits !

  • L’eurythmie

Je voudrais finir avec une dernière chose, encore une fois pour souligner l’importance de la notion du collectif, à laquelle cette école est si attentive, c’est l’eurythmie. L’eurythmie est très précisément « l’art du mouvement ». Nous faisons de l’eurythmie dés les toutes petites classes et évoluons chaque année. Le principe est celui de réaliser des « formes » ensemble en effectuant des mouvements dans l’espace accompagné d’un morceau de piano. L’eurythmie était quelque chose que j’affectionnait tout particulièrement. Ce moment au milieu de la journée venait apporter un souffle et une manière de se « dépenser » mais avec la musique et surtout en conscience de son espace pour ne pas venir déranger son camarade.

Pour apporter une conclusion à tout cela, je dirais que cette école m’a permis de me renforcer en tant que moi. On dit que je suis quelqu’un de solaire, et je suis persuadée que cette école n’a fait que donner encore plus d’ampleur à cela en participant à développer mon intérêt pour tout ce que l’on faisait, créant beaucoup de curiosité. Mon épanouissement et mon enthousiasme ont été consolidé, eux aussi, grâce à toutes ces expériences. Je suis quelqu’un de très positive, et j’aime à penser que l’ont peut réaliser beaucoup dans la vie. Et mon expérience au sein de cette école me l’a prouvé. Cette école a décuplés et affirmer certaines qualités afin de pouvoir pleinement les assumer aujourd’hui, sans aucune honte ni peur. En effet, n’ayant pas peur de poser des question ou de m’émerveiller pour tout un tas de choses, cette école m’a laisser le champ libre d’incarner celle que je suis, sans honte, sans crainte sans moqueries ou jugements, d’être simplement moi. Cette folie de vie n’a jamais été réprimé par mes amis ou mes professeurs, bien souvent on me demandé de canaliser mon énergie par exemple, mais pas de la supprimer. Et j’ai ainsi appris seul à tempérer cette énergie parfois bien trop expressive. Avec beaucoup plus de maturité aujourd’hui, je suis fière de dire que j’ai toujours cette énergie folle en moi, cette curiosité de tout, cette soif de connaissances, cette estime et confiance en moi, cette force intérieure inéluctable. Même si parfois il m’arrive de manquer de maturité, d’être encore naïve, je prends rapidement du recule sur la situation en essayant de la comprendre.

Je me sens aujourd’hui infiniment reconnaissante d’être là ou je suis, dans ma vie, dans mon quotidien.  Et je dois cela en grande partie à cette école, a ses enseignants qui m’ont donnés des clés pour donner du sens a mon existence, à mes amis rencontré la bas, avec lesquelles j’ai tant vécu, et qui sont aujourd’hui des amis en or.

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